De La Voie De Louvreuil

De La Voie De Louvreuil Chien de Saint-Hubert

Chien de Saint-Hubert

Déplacement Torsion de la Rate (DTR)

Déplacement Torsion de la Rate (DTR)

1) Définition :

Il s'agit du déplacement de la rate dans l'abdomen, et de sa rotation autour de son pédicule vasculaire. C'est un syndrôme aigû, qui entraî,e la mort de l'animal si un traitement chirurgical n'est pas entrepris précocément.

2) Rappel anatomique :

La rate est un organe lympho-hématopoiétique (organe impliqué dans la maturation et le stockage des globules blancs et rouges) située à gauche de l'estomac, en position déclive dans la cavité abdominale. La rate est reliée à l'estomac par un ligament, le ligament splénique, et reçoit sa vascularisation au travers de ce dernier, par l'artère coeliaque, qui irrigue tout d'abord le lobe gauche du pancréas, puis la rate et enfin la paroi de l'estomac (cf schéma 1). Ceci est très important à considérer dans la pathogénie du DTR, complexe qui intéresse ces trois organes.

3) Pathogénie :

La rate est suspendue dans la cavité abdominale par le ligament qui la relie à l'estomac. Le ligament splénique ne s'attache que sur le tiers de la longueur de la rate, il est assez lache, il n'est donc pas un élément stabilisateur de cette dernière. Tant que les autres organes (surtout instestins et estomac) occupent une position normale, la rate reste "coincée" contre la paroi abdominale. L'accumulation de gaz dans les anses intestinales, un péristaltisme important, des activités sportives violentes, peuvent être à l'origine du déplacement, suivi de la torsion de la rate. Le déplacement s'effectue vers la droite de l'abdomen, suivi de la rotation de la rate autour du ligament splénique des artères et des veines, entraînant ainsi la turgescence de l'organe et sa stabilisation en position pathologique. Très souvent, le ligament splénique enserre des anses intestinales lors de sa migration, le tableau clinique se compliquie alors par un sydrome occlusif.

4) Symptômes et Diagnostic :

Le syndrome essentiel est l'abdomen aigû : l'animal a le dos voussé, la palpation de l'abdomen est douloureuse et accompagnée de plaintes, très souvent, il existe un tympanisme dû à l'accumulation de gaz dans l'intestin (faisant penser très souvent au sybdrome de la dilatation torsion de l'estomac), la démarche est lente avec les pattes écartées, l'animal recherche le frais et le calme. Quand le tableau clinique se complique avec un syndrome occlusif, l'animal vomit tout ce qu'il avale, même les liquides, et ne peut faire ses besoins. La température rectale est peu modifiée, par contre, la fréquence cardiaque est très souvent augmentée au début. 

Le diagnostic se fait au Cabinet vétérinaire, à l'aide d'une radiographie de face de l'abdomen. La rate apparaît à droite et de taille très volumineuse.

5) Traitement :

Le traitement est essentiellement chirurgical, et doit être entrepris le plus rapidement possible. Toute attente assombrit le pronostic. Comme nous l'avons vu, la rate est en relation casculaire avec le pancrés et l'estomac. La torsion entraîne une stase sanguine qui provoque rapidement la nécrose de la rate, mais également de l'estomac et du lobe pancréatique gauche. La chirurgie précoce permet de remettre la rate en place sans la retirer. Des soins intensifs pendant 1 à 2 jours permettent de rendre l'animal à son propriétaire. il est important de noter que plus la chirurgie sera effectuée tardivement, plus elle sera compliquée, et mioins l'animal aura de chances de survivre.

6) Conclusion :

Le DTR est un syndrome peu connu, mais relativement fréquent chez les chiens de grande race. Le Dogue Allemand, le Chien de Saint Hubert, les Molossoïdes, paient un lourd tribut à cette patholigie. Tout symptôme qui peut faire penser à cette pathologie doit amener le propriétaire à consulter d'urgent son vétérinaire, qui effectuera une radio permettant de confirmer le diagnostic. La rapidité des soins entrepris est le facteur essentiel de la survie de l'animal.

 

                                                                                     Dr. Pierre-Yves MENEZ - Bulletin du CFCSH mai 1996